Site indépendant à vocation éducative. Non affilié au Ministère de l'Intérieur. Contenus inspirés du Livret du Citoyen et enrichis à partir de sources publiques : textes officiels, ressources des institutions républicaines, musées et archives nationales.

Le Livret du Citoyen présente

La Traversée

Vingt mille ans d'histoire de France, racontés comme une exposition. Vous n'allez pas la lire. Vous allez la traverser.

La première salle est une grotte.

Peintures pariétales de la salle des Taureaux à Lascaux.

Il fait noir.
Continuez, la torche fait le reste.

Salle I · ≈ −18 000

Lascaux

Le premier regard

Bien avant la France, des hommes pénètrent dans une grotte du Périgord et y peignent des chevaux, des aurochs, des cerfs.

Découverte en 1940, la grotte de Lascaux abrite l'un des ensembles d'art pariétal les plus riches du Paléolithique supérieur. Près de 1 900 figures animales et signes y ont été recensés.

Le geste pictural précède l'écriture de plus de quinze millénaires. Il dit qu'avant toute nation, ce territoire fut habité par des regards qui voulaient laisser une trace.

12 sept. 1940
Découverte par quatre adolescents à Montignac.
1979
Inscription au patrimoine mondial de l'Unesco.
2016
Ouverture de Lascaux IV, fac-similé intégral.

Salle des Taureaux, grotte de Lascaux, Photographie Prof saxxDomaine public, source

Salle II · −52

Tout est calme ; la Gaule entière est pacifiée.

Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, livre VII

Lionel Royer, Vercingétorix jette ses armes aux pieds de Jules César, 1899, Musée Crozatier, Le Puy-en-VelayDomaine public, source

Alésia

À l'automne −52, dans une plaine de Bourgogne, le chef arverne Vercingétorix dépose ses armes devant Jules César.

Coalisé contre Rome, Vercingétorix avait remporté Gergovie quelques mois plus tôt. Encerclé dans l'oppidum d'Alésia, affamé, il se rend pour épargner ses hommes.

Rome installe la Gaule dans son empire pour près de cinq siècles. Routes, villes, droit, langue : la latinité s'enracine durablement dans le sol.

−58 à −51
Guerre des Gaules menée par Jules César.
−52
Reddition de Vercingétorix à Alésia (Alise-Sainte-Reine).
212
L'édit de Caracalla étend la citoyenneté romaine aux Gaulois libres.

Sources

Rome se retire. Des royaumes cherchent leur nom. Entre la pierre et le parchemin, douze siècles passent.

Acte II · Vᵉ – XVᵉ siècle

Foi & Royaumes

Des rois fédèrent un territoire, des cathédrales s'élèvent, une langue commune naît dans les marges des manuscrits.

Clovis

Vers 496, Clovis, roi des Francs, se convertit au christianisme et unifie les tribus franques.

La tradition prête à l'évêque Remi ces mots

« Courbe la tête, fier Sicambre. »
La date de 496 comme cette parole relèvent du récit traditionnel (Grégoire de Tours, Histoire des Francs, II, 31), pas du fait établi.

Salle III · vers 496

Le baptême de Clovis

À Reims, vers 496, le roi des Francs Clovis se fait baptiser. La tradition rapporte que trois mille de ses guerriers le suivent.

En épousant la foi chrétienne, Clovis se rapproche des évêques gallo-romains et stabilise un pouvoir encore fragile. Sa dynastie, les Mérovingiens, ouvre une longue lignée de rois.

Reims devient pour mille ans le lieu du sacre des rois de France. Le mythe d'une « fille aînée de l'Église » s'enracine dans cette cérémonie.

481
Clovis devient roi des Francs saliens à 15 ans.
≈ 496
Baptême par saint Remi à Reims.
507
Victoire de Vouillé : la Gaule est unifiée jusqu'aux Pyrénées.

Le baptême de Clovis, miniature, Grandes Chroniques de France, BnFDomaine public, source

Repères examen
  • Clovis (466-511) unifie des royaumes francs
  • Adopte la religion chrétienne
  • Étape de l'unité du territoire — pas « naissance de la France »

Sources

Salle IV

800

Charlemagne

Le jour de Noël de l'an 800, à Rome, Charles est couronné empereur d'Occident par le pape Léon III.

L'empire carolingien fédère pour quelques décennies une Europe qui s'étend des Pyrénées à l'Elbe. Charlemagne fait copier les manuscrits antiques, réforme l'écriture, fonde des écoles dans les monastères.

Sa mémoire deviendra, des siècles plus tard, un référent commun pour les nations européennes naissantes, au point d'inspirer le nom du prix décerné chaque année à Aix-la-Chapelle.

Albrecht Dürer, Charlemagne, ≈ 1512, Germanisches Nationalmuseum, NurembergDomaine public, source

768
Charles devient roi des Francs.
800
Couronnement impérial à Rome.
843
Traité de Verdun, partage de l'empire entre ses petits-fils.

Sources

Jeanne d'Arc

1429. Elle fait sacrer le roi à Reims et rend un royaume à lui-même.

« Si je n'y suis, Dieu m'y mette ; et si j'y suis, Dieu m'y tienne. »
Réponse à ses juges sur l'état de grâce. Procès de condamnation, Rouen, 24 février 1431.

J.-A.-D. Ingres, Jeanne d'Arc au sacre de Charles VII, 1854, Musée du LouvreDomaine public, source

Salle V · 1429

Jeanne
d'Arc

Orléans délivrée

Une jeune fille de Domrémy convainc un roi sans royaume de la laisser conduire ses armées.

Au cœur de la guerre de Cent Ans, alors que la France semble perdue, Jeanne lève le siège d'Orléans en mai 1429 et conduit le dauphin se faire sacrer à Reims en juillet.

Capturée à Compiègne, jugée à Rouen, brûlée vive en 1431 à 19 ans. Réhabilitée en 1456, canonisée en 1920, elle devient une figure traversée par tous les courants politiques.

8 mai 1429Levée du siège d'Orléans.
17 juillet 1429Sacre de Charles VII à Reims.
30 mai 1431Exécution à Rouen.
Repères examen
  • 1412-1431
  • Guerre de Cent Ans (France/Angleterre)
  • Héroïne nationale, patriotisme et courage

Le royaume devient État. La lumière, désormais, vient des chandelles, et bientôt des idées.

Acte III · XVIᵉ – XVIIIᵉ siècle

Cour & Lumières

L'absolutisme atteint son apogée à Versailles. Dans les salons, une autre France pense la tolérance et le droit naturel.

Salle VI · 1598

perpétuel et irrévocable

C'est ainsi que l'édit se désigne lui-même. Il tiendra quatre-vingt-sept ans.

Édit de Nantes, avril 1598, Archives nationales (AE/II/763)Domaine public, source

L'édit de Nantes

Au sortir de trente-six ans de guerres de religion, Henri IV signe à Nantes un édit « perpétuel et irrévocable » qui reconnaît aux protestants le droit d'exercer leur culte.

L'édit n'instaure pas la liberté de conscience moderne, mais une coexistence encadrée : places de sûreté, tribunaux mixtes, accès aux charges publiques. C'est l'un des premiers textes européens organisant un pluralisme religieux.

Révoqué par Louis XIV en 1685, il provoque l'exil de plus de deux cent mille protestants, médecins, artisans, négociants, vers les Pays-Bas, l'Allemagne, la Suisse, l'Angleterre.

1562 – 1598
Huit guerres de religion.
Avril 1598
Signature de l'édit à Nantes.
1685
Révocation par l'édit de Fontainebleau.

Archives à explorer

1 document
Repères examen
  • Henri IV, 1598
  • Fin des guerres de religion catholiques/protestants

Sources

Tout converge vers un seul homme. Cour domestiquée, État centralisé, armée permanente : cet ordre, la Révolution de 1789 le renversera.

« Je m'en vais, mais l'État demeurera toujours. »
Louis XIV mourant, 1715 — parole rapportée par les témoins de ses derniers jours, non un mot d'archive.
Galerie des Glaces du château de Versailles.

Salle VII · 1682

Versailles

L'État comme spectacle, avancez dans la galerie.

6 mai 1682

Le 6 mai 1682, Louis XIV installe officiellement la cour et le gouvernement à Versailles. Le château devient l'instrument d'une centralisation : la noblesse y vit auprès du roi, sous son regard. L'absolutisme atteint son sommet politique, esthétique, diplomatique.

Dans cette même galerie

1919 : le traité de Versailles y est signé. Et aujourd'hui encore, le Congrès, Assemblée nationale et Sénat réunis, s'y retrouve pour réviser la Constitution.

Versailles fixe pour deux siècles l'image internationale de la France : protocole, gastronomie, langue, arts décoratifs. Une grammaire que la République, plus tard, conservera en partie pour ses cérémonies d'État.

1661
Début des grands travaux par Louis Le Vau.
1682
Installation de la cour.
1919
Signature du traité de Versailles dans la Galerie des Glaces.

Galerie des Glaces, château de Versailles, Photographie MyrabellaCC BY-SA 3.0 · image redimensionnée et convertie, source

Repères examen
  • Louis XIV, « Roi-Soleil », règne 1643-1715
  • Château de Versailles, joyau de l'architecture classique

Sources

Salle VIII · 1751 – 1772

Les Lumières

Diderot et d'Alembert dirigent pendant vingt ans la publication d'un dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers.

Frontispice de l'Encyclopédie, gravure de Bonaventure-Louis Prévost d'après Cochin, 1772Domaine public, source

Ce que la lumière révèle

AnatomieLe corps décrit, planche d'anatomie. Wellcome Collection, domaine public, source
Imprimerie, la casseLa casse typographique, chaque lettre à sa place. Domaine public, source
Imprimerie, la presseLa presse qui diffuse les idées, vue du dehors. Domaine public, source
Imprimerie, le mécanismeLa machine démontée pièce à pièce, le savoir rendu visible. Domaine public, source

Dix-sept volumes de texte, onze de planches : l'Encyclopédie est un manifeste pour l'examen critique des autorités. Plus de 150 contributeurs y écrivent, Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Jaucourt.

Dans les salons parisiens, animés par Mme Geoffrin, Mme du Deffand, Julie de Lespinasse, circule l'idée que la raison, la tolérance et le droit naturel peuvent fonder une société.

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Article premier, 26 août 1789

1748
Montesquieu, De l'esprit des lois, séparation des pouvoirs.
1751
Premier volume de l'Encyclopédie.
1762
Rousseau, Du contrat social, souveraineté du peuple.

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Consulter la DDHC

Texte constitutionnel de 1789, encore au sommet du droit français.

Légifrance
Repères examen
  • Rousseau, Voltaire, Diderot, Montesquieu, Condorcet, d'Alembert
  • Tolérance, liberté de pensée, refus de l'arbitraire
  • Montesquieu dénonce l'esclavage

Sources

Dans les salons, on pense. Dans les ateliers, on imprime. Le papier va prendre feu.

Acte IV · 1789 – 1815

Rupture

Un peuple proclame ses droits, abat un régime, invente une République. L'Empire emporte la promesse jusqu'aux confins de l'Europe.

L'atelier · XVIIIᵉ siècle

L'imprimerie

Les idées des Lumières sortent d'ici, feuille à feuille. Faites tourner la presse.

14 juillet 1789

Sept

prisonniers libérés.

Une prison d'État tombe en quelques heures. Tout un ordre vacille avec elle.

Gazette de l'été

Paris, an premier de la liberté

Salle IX · 1789

La Bastille, la Déclaration, En quelques semaines de l'été 1789, un royaume vieux de mille ans s'efface, et la France entre dans une promesse nouvelle.

5 mai

Les États généraux s'ouvrent à Versailles.

17 juin

Le tiers état se proclame Assemblée nationale.

20 juin

Serment du Jeu de paume.

14 juillet

Prise de la Bastille.

4 août

Abolition des privilèges.

26 août

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

Jean-Pierre Houël, Prise de la Bastille, 1789, BnF, département des EstampesDomaine public, source

5 mai : les États généraux s'ouvrent à Versailles. 17 juin : le tiers état se proclame Assemblée nationale. 20 juin : serment du Jeu de paume. 14 juillet : prise de la Bastille. 4 août : abolition des privilèges. 26 août : adoption de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

La DDHC pose en dix-sept articles ce qui deviendra le socle constitutionnel français : liberté, propriété, sûreté, résistance à l'oppression, présomption d'innocence, séparation des pouvoirs.

Dix-sept articles suffisent : liberté, propriété, sûreté, résistance à l'oppression. La souveraineté ne réside plus dans le roi, mais dans la Nation.

Archives à explorer

2 documents
La Marseillaise, enregistrement ancien

Un enregistrement historique de l'hymne national, pour relier la fête nationale à sa mémoire sonore.

Wikimedia Commons, domaine public
Lire la DDHC

Le texte constitutionnel né de l'été 1789.

Légifrance
Repères examen
  • 14 juillet 1789 : prise de la Bastille (prison royale)
  • DDHC 1789 (La Fayette contributeur)
  • 1791 monarchie constitutionnelle ; 10 août 1792 renversement ; Louis XVI guillotiné 1793

Sources

  1. 1796
    Campagne d'Italie
  2. 1798
    Campagne d'Égypte
  3. 1800
    Marengo
  4. 1805
    Austerlitz
  5. 1806
    Confédération du Rhin, entrée à Berlin
  6. 1807
    Tilsit, apogée de l'influence
  7. 1809
    Wagram
  8. 1812
    Campagne de Russie, extension maximale puis retraite
  9. 1813
    Leipzig, le reflux
  10. 1814
    Première abdication

Napoléon

Salle X · 1804

Napoléon & le Code civil

Le 21 mars 1804, le Code civil est promulgué. Huit mois plus tard, le 2 décembre, Napoléon est sacré empereur à Notre-Dame.

Jacques-Louis David, L'Empereur Napoléon dans son cabinet de travail aux Tuileries, 1812, National Gallery of Art, WashingtonDomaine public, source

Regardez l'horloge du tableau : quatre heures dix du matin. La bougie est consumée, l'uniforme froissé, David peint un empereur qui a passé la nuit sur le Code civil.

Le Code civil unifie un droit fragmenté entre coutumes du Nord et droit écrit du Sud. Il consacre l'égalité civile, la propriété, la liberté contractuelle, la laïcité de l'état civil.

L'Empire napoléonien le diffuse dans toute l'Europe conquise. Aujourd'hui encore, son architecture inspire les codes civils belge, luxembourgeois, italien, néerlandais, roumain, polonais, plusieurs pays d'Amérique latine et le Code civil du Québec.

21 mars 1804Promulgation du Code civil.
2 décembre 1804Sacre de Napoléon à Notre-Dame.
1815Waterloo, fin de l'Empire.
Repères examen
  • Empereur en 1804 ; Code civil, Banque de France, préfets
  • Rétablit l'esclavage (1802), abolit la traite (1815)
  • Abdication 1815 (Waterloo)

Sources

Salle XI · 1815 – 1848

Restauration & Monarchie de Juillet

Deux monarchies tentent de refermer la Révolution — une Charte, deux rois, deux révoltes : le chemin qui mène à 1848.

Portrait de Louis XVIII en costume de sacre, par François Gérard.

François Gérard, Louis XVIII en costume de sacreDomaine public, source

Après l'abdication de Napoléon, Louis XVIII rétablit la monarchie en 1815, tout en conservant la Charte constitutionnelle, qui protège des libertés comme la presse ou l'élection du Parlement. Il adopte cependant des mesures conservatrices : rôle renforcé de l'Église, surveillance des opposants. En 1824, Charles X lui succède.

En 1830, la population parisienne se révolte contre des limitations trop importantes des libertés : la Restauration prend fin.

Portrait de Louis-Philippe Ier, roi des Français, par Franz Xaver Winterhalter.

Franz Xaver Winterhalter, Louis-Philippe Ier, roi des Français. Wikimedia Commons, domaine public

Une monarchie plus libérale commence alors avec Louis-Philippe : le Parlement est renforcé, les libertés progressent — dont celle de la presse. Mais le pouvoir s'appuie sur la bourgeoisie et le droit de vote reste réservé aux plus riches.

Les inégalités sociales augmentent ; le refus d'élargir le droit de vote provoque des tensions. En 1848, une nouvelle révolution met fin au régime.

  1. 1815Louis XVIII, la Charte
  2. 1824Charles X
  3. 1830Révolution, Louis-Philippe
  4. 1848Nouvelle révolution
1815
Louis XVIII rétablit la monarchie et conserve la Charte constitutionnelle.
1824
Charles X succède à Louis XVIII.
1830
Révolte parisienne contre les limitations des libertés : fin de la Restauration, Louis-Philippe.
1848
Une nouvelle révolution met fin à la Monarchie de Juillet.
Repères examen
  • 1815 Louis XVIII (Charte constitutionnelle) ; 1824 Charles X
  • 1830 : révolution, Louis-Philippe, monarchie plus libérale
  • Vote censitaire → tensions → révolution de 1848
Tableau représentant l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises en 1848.

Abolition

4 février 1794

Première abolition par la Convention.

27 avril 1848

Environ 250 000 hommes, femmes et enfants cessent d'être la propriété d'autres hommes. Immédiatement.

L'esclavage est un attentat contre la dignité humaine.
Décret d'abolition du 27 avril 1848, considérants. Commission présidée par Victor Schœlcher.

Salle XII · 1848

François-Auguste Biard, L'Abolition de l'esclavage dans les colonies françaises, 1849, Château de VersaillesDomaine public, source

Une première fois en 1794, une seconde fois en 1848 sous l'impulsion de Victor Schœlcher, la République abolit l'esclavage dans ses colonies.

Rétabli par Bonaparte en 1802, l'esclavage perdure cinquante ans dans les colonies françaises. Le décret du 27 avril 1848 affranchit immédiatement environ 250 000 hommes, femmes et enfants.

La loi Taubira du 21 mai 2001 reconnaît la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanité. Le 10 mai est devenu la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions.

Une liberté écrite, effacée, réécrite

4 février 1794

Première abolition par la Convention.

20 mai 1802

Rétablissement par Bonaparte.

27 avril 1848

Abolition définitive, décret Schœlcher.

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Comprendre la loi Taubira

La loi du 21 mai 2001 reconnaît la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanité.

Légifrance
Repères examen
  • Décret rédigé par Victor Schoelcher (IIe République)
  • Traite négrière française : environ 1,2 M de personnes déportées ; Nantes premier port négrier français
  • Loi Taubira 2001 (crime contre l'humanité) ; journée du 10 mai
  • Victor Hugo : engagement contre inégalités et peine de mort

Sources

La promesse de 1789 cherche son assise. Elle la trouvera à l'école, et dans le fer des machines.

Acte V · XIXᵉ siècle

République & Industrie

L'école devient gratuite, laïque et obligatoire. Le rail relie les provinces. La République finit par s'enraciner.

Salle XIII · 1851 – 1870

La naissance de la IIIe République

Un président élu devient empereur par un coup d'État ; une défaite militaire rend la France à la République — qui, cette fois, s'installe dans la durée.

Portrait officiel de Napoléon III en uniforme, par Franz Xaver Winterhalter.

Franz Xaver Winterhalter, Portrait de Napoléon III, vers 1855Domaine public, source

Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier, est élu président de la République. En décembre 1851, il organise un coup d'État et devient l'empereur Napoléon III en 1852.

Régime d'abord autoritaire, le Second Empire se libéralise dans les années 1860 : la population obtient plus de libertés, le Parlement davantage de pouvoirs. L'économie se modernise, la France s'ouvre à l'Europe.

1870

En 1870, la défaite de l'armée française face à la Prusse met fin au Second Empire. La IIIe République (1870-1940) installe dans la durée le régime républicain en France.

Le régime qui porte tout l'acte qui s'ouvre : l'école, la presse, les syndicats, les associations, la laïcité.

Décembre 1851
Coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte.
1852
Il devient l'empereur Napoléon III.
1870
Défaite face à la Prusse : fin du Second Empire.
1870 – 1940
La IIIe République installe durablement le régime républicain.
Repères examen
  • Coup d'État déc. 1851 ; Napoléon III empereur 1852
  • Défaite face à la Prusse : fin du Second Empire (1870)
  • La IIIe République installe durablement le régime républicain

Acte V · Interlude

L'atelier

La vapeur met la France au travail : forges, ateliers, chemins de fer. Le progrès a un bruit, celui des machines.

Le vacarme des machines s'éteint. Une craie se lève : la République entre à l'école.

Acte V · L'école de la République

Salle XIV · 1881 – 1882

L'école de la République

Albert Bettannier, La tache noire, 1887, Deutsches Historisches MuseumDomaine public, source

En deux lois, Jules Ferry pose les fondations de l'école républicaine : gratuite en 1881, laïque et obligatoire en 1882.

L'instruction primaire devient un droit pour tous les enfants de 6 à 13 ans. Les programmes sont nationaux ; les instituteurs, formés dans les écoles normales, deviennent les « hussards noirs de la République ».

L'école porte un projet politique : forger une langue commune, des références communes, une appartenance partagée à la Nation. Elle accompagne aussi l'idée d'égalité méritocratique.

16 juin 1881
Loi sur la gratuité de l'enseignement primaire.
28 mars 1882
Loi sur l'obligation scolaire et la laïcité.
2019
Loi « pour une école de la confiance » : instruction obligatoire dès 3 ans.

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Instruction obligatoire à 3 ans

La loi de 2019 abaisse l'âge de l'instruction obligatoire.

Légifrance
Repères examen
  • 1881 gratuite ; 1882 laïque et obligatoire (Jules Ferry)
  • Lois de libertés : presse 1881, syndicats 1884, associations 1901, laïcité 1905

Salle XV · 1894 – 1906

L'affaire Dreyfus

Un bordereau attribué à tort au capitaine Dreyfus, une condamnation à huis clos, douze ans de combat : l'Affaire déchire la France et fonde une exigence, l'État de droit.

Décembre 1894 : sur la foi d'un bordereau dont il n'est pas l'auteur, le capitaine Alfred Dreyfus, juif alsacien, est condamné à huis clos pour trahison et déporté à l'île du Diable. Le 5 janvier 1895, dans la cour de l'École militaire, il est dégradé : galons arrachés, épée brisée.

La vérité avance malgré l'état-major : Picquart identifie le vrai coupable, Zola publie « J'accuse…! », la France se coupe en deux. Il faudra douze ans pour que la Cour de cassation, le 12 juillet 1906, annule sans renvoi le jugement : l'erreur judiciaire est effacée, l'État de droit l'emporte sur la raison d'État.

« La vérité est en marche, et rien ne l'arrêtera. »
Émile Zola, « J'accuse…! », L'Aurore, 13 janvier 1898 — texte intégral sur Gallica.

« J'accuse…! », L'Aurore n° 87, 13 janvier 1898, BnF/GallicaDomaine public, source

Cour de l'École militaire. Devant les troupes, on arrache ses galons, on brise son épée. Il crie son innocence.

La Cour de cassation, toutes chambres réunies, annule sans renvoi le jugement de Rennes. L'erreur judiciaire est effacée en droit.

1894 – 1906 · Douze ans

Une erreur d'État, corrigée par le droit

  1. 15 octobre 1894

    Le capitaine Alfred Dreyfus, polytechnicien alsacien et juif, est arrêté : un bordereau adressé à l'attaché militaire allemand lui est attribué à tort.

  2. 22 décembre 1894

    Le conseil de guerre de Paris le condamne à l'unanimité, à huis clos, pour trahison : déportation perpétuelle à l'île du Diable, en Guyane.

  3. 5 janvier 1895

    Dégradation dans la cour de l'École militaire : galons arrachés, épée brisée. Il crie « Vive la France ! » et clame son innocence.

  4. 1896

    Le lieutenant-colonel Picquart, chef du renseignement, découvre que l'écriture du bordereau est celle du commandant Esterhazy. On l'éloigne en Tunisie.

  5. 11 janvier 1898

    Esterhazy, traduit devant un conseil de guerre, est acquitté en quelques minutes.

  6. 13 janvier 1898

    « J'accuse…! » : la lettre ouverte de Zola au président Félix Faure paraît en une de L'Aurore. Zola, condamné pour diffamation en février, s'exile à Londres. La France se déchire, dreyfusards contre antidreyfusards.

  7. 9 septembre 1899

    Procès de révision à Rennes : de nouveau coupable, « avec circonstances atténuantes ». Le président Loubet le gracie dix jours plus tard ; gracié n'est pas innocenté.

  8. 12 juillet 1906

    La Cour de cassation, toutes chambres réunies, annule sans renvoi le jugement de Rennes. Dreyfus est réhabilité, réintégré dans l'armée et fait chevalier de la Légion d'honneur.

  9. 17 novembre 2025

    « La Nation française élève, à titre posthume, Alfred Dreyfus au grade de général de brigade. » (loi n° 2025-1079, article unique)

Archives à explorer

3 documents
La loi du 17 novembre 2025

« La Nation française élève, à titre posthume, Alfred Dreyfus au grade de général de brigade. » (article unique)

Légifrance, JORF n° 0270 du 18 novembre 2025
Le dossier de la loi en clair

Le parcours parlementaire et la portée de la loi de 2025.

Vie-publique (DILA)
Repères examen
  • L'antisémitisme : forme spécifique de racisme et de haine visant les Juifs (définition du livret, p. 7)
  • Hook actualité : élévation posthume au grade de général de brigade (loi nov. 2025)

SÉPARATION

Liberté de conscience

Loi du 9 décembre 1905

Faites défiler, la loi sépare

Salle XVI · 9 décembre 1905

La loi de 1905

Le 9 décembre 1905, la République rompt avec le Concordat de 1801. L'État n'en finance, n'en reconnaît, n'en salarie plus aucun culte.

« La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes […] »

La liberté de croire, ou de ne pas croire.

« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. »

La neutralité de l'État, envers tous les cultes.

Loi de séparation des Églises et de l'État, 9 décembre 1905, Journal officielDomaine public, source

L'article 1ᵉʳ garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes. L'article 2 pose le principe : la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

La laïcité n'est pas une opinion : c'est le cadre qui permet à toutes les opinions de coexister. Elle est, depuis 1946, un principe constitutionnel (art. 1er de la Constitution de 1958).

9 décembre 1905
Promulgation de la loi de séparation.
1946 / 1958
La laïcité devient principe constitutionnel.
15 mars 2004
Loi encadrant le port de signes religieux à l'école.

Archives à explorer

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Texte consolidé

La loi du 9 décembre 1905 sur Légifrance.

Légifrance
Repères examen
  • Loi 1905 : séparation Églises/État ; neutralité de l'État
  • Exceptions Alsace-Moselle ; restauration des monuments classés possible
  • Blasphème : pas un délit ; limites = incitation à la haine, négationnisme…
  • Espaces : public (loi 2010 visage), services publics (agents neutres/usagers libres), travail privé, école (loi 2004)
  • Journée de la laïcité : 9 décembre

Le siècle nouveau promet le progrès. Il apporte d'abord la nuit.

Acte VI · 1914 – 1945

Épreuves

Deux guerres mondiales bouleversent le pays. Dans la défaite, une voix appelle à continuer le combat ; les femmes obtiennent le droit de vote.

Salle XVII

2 août 1914. La mobilisation générale est décrétée.

On dit que la guerre sera courte.

Soldats français pendant la bataille de Verdun, 1916.

Verdun, 1916. Trois cents jours, trois cents nuits.

1 400 000

morts militaires français. Quatre millions de blessés.
S'y ajoutent environ 300 000 morts civils, une estimation, sans compter la grippe de 1918.
Chaque village de France a son monument.

La Grande Guerre

Quatre années de guerre industrielle laissent derrière elles environ 1 400 000 morts militaires français et 4 millions de blessés.

Verdun, la Somme, le Chemin des Dames : la guerre des tranchées épuise les nations européennes. La France sort victorieuse mais saignée : chaque village a son monument aux morts.

Aux pertes militaires s'ajoute une surmortalité civile estimée à environ 300 000 morts. Ce chiffre est une estimation démographique, comptée à part des victimes de la grippe de 1918 (sources INED et 1914-1918-Online).

Le 11 novembre 1918, l'armistice est signé dans la clairière de Rethondes. Le soldat inconnu repose sous l'Arc de triomphe depuis 1920.

2 août 1914
Mobilisation générale.
21 février – 18 décembre 1916
Bataille de Verdun.
11 novembre 1918
Armistice à Rethondes.

Bataille de Verdun, 1916, Photographie d'archive (domaine public)Domaine public, source

Repères examen
  • Juillet 1914 → armistice 11 novembre 1918 (jour férié)
  • Clemenceau ; alliés GB/Italie/É-U
  • Environ 10 M de morts, dont 1,4 M pour la France
  • Traité de Versailles 28 juin 1919 → SDN (inspire l'ONU)

■ BBC · Londres · 18 juin 1940 · 22 h 00

Extrait d'une archive commémorative des 80 ans de l'Appel. Aucun enregistrement du direct de 1940 ne subsiste.

Un général de brigade à titre temporaire, inconnu du grand public, s'approche du micro.

« Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. »

Charles de Gaulle, texte de l'Appel du 18 juin 1940

Le direct du 18 juin 1940 n'a pas été enregistré. Cette phrase conclut le texte écrit de l'Appel, publié ensuite par de Gaulle ; la retranscription des écoutes suisses, seule trace du discours prononcé, en donne une version légèrement différente.

Charles de Gaulle à la BBC, photographie reconstituée, Imperial War MuseumDomaine public, source

Salle XVIII · 1940

L'appel du 18 juin

Le 18 juin 1940, depuis Londres, un général inconnu du grand public refuse la défaite et appelle à continuer le combat.

Pétain a demandé l'armistice la veille. Sur les ondes de la BBC, de Gaulle refuse la capitulation. La formule célèbre « La France a perdu une bataille ! Mais la France n'a pas perdu la guerre ! » figure, elle, sur l'affiche « À tous les Français », placardée à Londres quelques semaines plus tard. La France libre est née ; la Résistance intérieure prendra forme dans les mois et années suivants.

Jean Moulin unifie les mouvements de Résistance au sein du Conseil national de la Résistance en mai 1943. Son programme inspirera, après la Libération, la création de la Sécurité sociale, des comités d'entreprise et les grandes nationalisations.

18 juin 1940
Appel du général de Gaulle à la BBC.
27 mai 1943
Première réunion du CNR.
25 août 1944
Libération de Paris.

1940 – 1945

La France combattante

L'Appel n'est pas resté une voix à la radio. De 1940 à 1945, la France libre, puis la France combattante, se bat sur tous les fronts — en Afrique, en Italie, en Normandie, en Provence, jusqu'en Allemagne — pendant que la Résistance intérieure combat l'occupant.

Dans le même temps, l'État français de Vichy collabore, jusqu'à participer à la déportation des Juifs de France. Les deux réalités sont vraies : c'est contre la première que la seconde s'est levée.

  1. Été 1940

    Premiers ralliements : le Tchad de Félix Éboué, le Cameroun, l'AEF rejoignent la France libre. L'Empire donne à de Gaulle un territoire et des soldats.

  2. 27 mai – 11 juin 1942

    Bir Hakeim : la 1re brigade française libre du général Koenig (~3 700 hommes) tient quatorze jours face à l'Afrikakorps de Rommel et couvre la retraite de la 8e armée britannique.

  3. 27 mai 1943

    Jean Moulin unifie la Résistance intérieure : première réunion du Conseil national de la Résistance, à Paris, en pleine occupation.

  4. Automne 1943

    La Corse, soulevée et appuyée par l'armée d'Afrique, devient le premier département français libéré.

  5. Mai 1944

    Italie : le Corps expéditionnaire français du général Juin (~112 000 hommes) perce le front du Garigliano et ouvre la route de Rome aux Alliés.

  6. 6 juin 1944

    Normandie : les 177 Français du commando Kieffer débarquent à Sword Beach. À l'intérieur, les sabotages des FFI retardent les renforts allemands vers le front.

  7. 15 août 1944

    Provence : l'armée B du général de Lattre (~260 000 hommes, pour une large part soldats d'Afrique) débarque, puis libère Toulon et Marseille en deux semaines.

  8. 25 août 1944

    Paris, soulevé par sa population et les FFI, est libéré avec l'entrée de la 2e DB du général Leclerc. Strasbourg suivra le 23 novembre : le serment de Koufra est tenu.

  9. 8 mai 1945

    Berlin-Karlshorst : de Lattre signe l'acte de capitulation allemand pour la France, aux côtés des Alliés. La France reçoit une zone d'occupation, puis un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.

Au printemps 1945, plus d'un million de Français sont sous les armes, 1re armée et FFI amalgamés. La France est au rang des vainqueurs — parce que des Français ont choisi, dès juin 1940, de continuer la guerre.

Archives à explorer

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La voix de de Gaulle (enregistrement ultérieur)

Aucun enregistrement du direct du 18 juin 1940 n'existe : la diffusion n'a pas été captée. Cette archive donne à entendre la voix du général de Gaulle dans un enregistrement ultérieur. Vidéo intégrée sans cookies tiers via youtube-nocookie.com.

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Texte de l'appel

Le texte intégral de l'appel du 18 juin 1940.

Vie-publique
Repères examen
  • 18 juin 1940, radio britannique BBC : début de la Résistance
  • De Gaulle chef de la France libre ; Jean Moulin unifie la Résistance
  • Vichy (1940-1944) : régime de Pétain, collaboration, part de responsabilité dans la déportation des Juifs

21 avril 1944

Vote des femmes

Faites défiler, le rideau se lève

Lire l'archive

21 avril 1944, les Françaises obtiennent le droit de vote. Premier vote aux élections municipales du 29 avril 1945.

Archive « 1945 : Les Françaises votent pour la première fois », INA Histoire, lecteur YouTube officiel

Le siècle d'avant

Un droit conquis, pas accordé

De 1848 à 1944, près d'un siècle de combat suffragiste précède l'ordonnance d'Alger.

  1. 1848

    La Deuxième République instaure le suffrage universel masculin, excluant les femmes. Les premières voix suffragistes émergent, le député Victor Considerant et la militante Jeanne Deroin.

  2. Années 1880

    Hubertine Auclert fait de l'égalité politique son combat, fonde le journal La Citoyenne, refuse de payer ses impôts en 1880, renverse une urne en 1908.

  3. 1906

    Le député Paul Dussaussoy dépose la première proposition de loi pour le vote des femmes aux élections locales. Elle échoue mais porte le débat hors du cercle militant.

  4. 1914

    Le quotidien Le Journal organise un référendum en marge des législatives : 505 972 femmes répondent vouloir voter, contre 114 non.

  5. 1919, années 1930

    La Chambre des députés vote à plusieurs reprises pour le droit de vote des femmes. Le Sénat bloque systématiquement, par crainte que les femmes votent sous influence religieuse.

  6. 1934-1936

    Louise Weiss fonde La Femme nouvelle et multiplie les actions spectaculaires : candidature symbolique aux municipales et législatives, action à l'hippodrome de Longchamp, elle s'enchaîne rue Royale à Paris.

  7. 1936

    Trois femmes entrent au gouvernement du Front populaire, dont Irène Joliot-Curie, alors qu'elles ne peuvent pas voter.

  8. 21 avril 1944

    Le général de Gaulle signe à Alger l'ordonnance portant organisation des pouvoirs publics. Article 17 : « Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes. »

  9. 29 avril 1945

    Les Françaises votent pour la première fois aux élections municipales, environ neuf millions d'électrices.

  10. Octobre 1945

    33 femmes deviennent députées pour la première fois.

  11. Octobre 1946

    La Constitution de la IVᵉ République inscrit : « La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme. »

Ce droit n'est pas un don accordé, il est l'aboutissement de près d'un siècle de combat suffragiste.

La France l'accorde tardivement par rapport à d'autres démocraties. Le principal obstacle intérieur fut longtemps le Sénat, dont les craintes sur le vote des femmes se révélèrent infondées : en 1945, leur vote penche vers le centre droit et le général de Gaulle, jamais vers les extrêmes redoutés.

D'après INA, « 29 avril 1945 : les Françaises votent pour la première fois », entretien avec l'historienne Anne-Sarah Bouglé-Moalic, 28 avril 2025.

Dans la nuit de la guerre, une aube.

Salle XIX · 1944

Le vote des femmes

À Alger, le Gouvernement provisoire de la République française accorde aux femmes le droit de vote et l'éligibilité.

« Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes. »

Ordonnance du 21 avril 1944, article 17. Une phrase, attendue depuis 1848.

Carte d’électeur, septembre 1945, première année du vote des femmes en FranceDomaine public, source

L'article 17 de l'ordonnance précise : « Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes. » La France attendait depuis 1848, elle figure parmi les derniers pays d'Europe occidentale à reconnaître ce droit.

Le 29 avril 1945, lors des élections municipales, environ neuf millions de Françaises votent pour la première fois. Quelques mois plus tard, 33 femmes entrent à l'Assemblée constituante.

Neuf millions de Françaises votent
pour la première fois le 29 avril 1945.

21 avril 1944
Ordonnance du GPRF à Alger.
29 avril 1945
Premier vote féminin, élections municipales.
1999
Révision constitutionnelle sur la parité.

Archives à explorer

3 documents
Repères examen
  • 1848 : premier suffrage universel (masculin)
  • Avril 1944 : droit de vote des femmes ; premier vote avril 1945

La guerre finit. Tout est à reconstruire, à commencer par la République.

Acte VII · 1945 – aujourd'hui

République contemporaine

Reconstruction, construction européenne, élargissement des libertés. La République continue de s'écrire.

Salle XX · 1958

Constitution

du 4 octobre 1958

Approuvée par référendum le 28 septembre 1958, la Constitution de la Vᵉ République donne à l'exécutif les moyens d'agir.

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. »

« La devise de la République est Liberté, Égalité, Fraternité. »

« La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. »

« Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. »

Le président de la République, élu au suffrage universel direct depuis la révision de 1962 — première élection en décembre 1965 —, garantit le fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Le Gouvernement « détermine et conduit la politique de la Nation » (art. 20).

Le Conseil constitutionnel, créé par la Constitution, contrôle la conformité des lois. Depuis 2010, tout justiciable peut soulever une question prioritaire de constitutionnalité (QPC).

28 septembre 1958
Référendum constitutionnel (82,6 % de oui).
28 octobre 1962
Référendum instaurant l'élection du président au suffrage universel direct.
1ᵉʳ mars 2010
Entrée en vigueur de la QPC.

Charles de Gaulle, président de la République, 1961, BundesarchivCC BY-SA 3.0 de · image redimensionnée et convertie, source

Repères examen
  • Référendum 28 sept. 1958 ; promulgation 4 octobre 1958
  • Exécutif fort ; de Gaulle premier président
  • Présidents : de Gaulle → Macron ; intérim = président du Sénat (cas Pompidou)

Salle XXI · 1946 – 1968

La décolonisation et Mai 68

Un empire conquis entre le XVIIe et le XIXe siècle, des indépendances obtenues en une décennie, deux conflits meurtriers — puis, en 1968, une société qui se transforme.

Entre le XVIIe et le XIXe siècle, la France, comme d'autres pays européens, conquiert un vaste empire colonial sur plusieurs continents : en Afrique (Afrique de l'Ouest, Afrique équatoriale, Algérie, Madagascar, Maroc, Tunisie…) et en Asie (Indochine…). Elle contrôle ces territoires politiquement, administrativement et économiquement.

Après la Seconde Guerre mondiale — durant laquelle de nombreux soldats originaires des colonies sont morts pour défendre la France — des mouvements nationalistes émergent et réclament l'indépendance. La plupart des colonies l'obtiennent dans les années 1950 et 1960, dans le cadre de processus négociés.

Deux conflits éclatent concernant la décolonisation de l'Indochine (1946-1954) et de l'Algérie (1954-1962). Ces pays obtiennent leur indépendance à l'issue de ces conflits.

C'est la crise politique majeure liée à la guerre d'Algérie qui conduit au retour du général de Gaulle en 1958 — la salle précédente.

Mai 68

Les actualités de mai-juin 1968 : grèves et manifestations parmi les plus importantes du XXe siècle. Archive INA, chaîne officielle

En mai 1968, un mouvement social est initié par des étudiants qui réclament une amélioration de leurs conditions d'études et davantage de libertés. Il est amplifié par une contestation plus large, portée par les salariés et les syndicats d'ouvriers. Les grèves et manifestations sont parmi les plus importantes du XXe siècle.

Le mouvement se conclut par des avancées sociales importantes, comme l'augmentation du salaire minimum, et entraîne une transformation importante de la société.

1946 – 1954
Conflit de la décolonisation de l'Indochine.
1954 – 1962
Conflit de la décolonisation de l'Algérie.
Années 1950-1960
La plupart des colonies obtiennent l'indépendance, dans le cadre de processus négociés.
Mai 1968
Mouvement social initié par des étudiants, amplifié par les salariés et les syndicats.
Repères examen
  • Indochine 1946-1954 ; Algérie 1954-1962
  • Indépendances années 1950-1960, processus majoritairement négociés
  • Mai 68 : mouvement étudiant puis social ; avancées sociales

Après deux guerres mondiales, six pays décident de mettre en commun le charbon et l'acier. C'est le début d'une construction inédite.

Salle XXII · 1950 – 2002

1951 : CECA. 1957 : traité de Rome créant la Communauté économique européenne. 1992 : traité de Maastricht, naissance de l'Union européenne, citoyenneté européenne, monnaie unique. 2002 : l'euro entre en circulation dans les portefeuilles de 12 pays.

L'Union compte aujourd'hui 27 États membres et près de 450 millions d'habitants. Le Parlement européen est élu au suffrage universel direct depuis 1979.

9 mai 1950
Déclaration Schuman, fête de l'Europe.
25 mars 1957
Traité de Rome.
1ᵉʳ janvier 2002
Mise en circulation de l'euro.

Drapeau de l'Union européenne, Photographie Mats HalldinCC BY-SA 3.0 · image redimensionnée et convertie, source

Sources

Portrait officiel de Simone Veil, Parlement européenCC BY 4.0 · image redimensionnée et convertie, source

Salle XXIII · 1975

La loi Veil

Trois jours et trois nuits
seule à la tribune.

Ministre de la Santé du gouvernement Chirac, Simone Veil défend trois jours et trois nuits devant l'Assemblée nationale la loi qui dépénalise l'interruption volontaire de grossesse.

Définitivement adoptée par le Parlement en décembre 1974 et promulguée le 17 janvier 1975, avec une majorité d'abord constituée de la gauche, la loi est votée pour cinq ans, puis rendue définitive en 1979. Elle met fin aux avortements clandestins qui mutilaient ou tuaient des centaines de femmes chaque année.

Simone Veil, survivante d'Auschwitz, magistrate, première présidente du Parlement européen élu, est entrée au Panthéon en 2018.

17 janvier 1975
Promulgation de la loi Veil.
1979
Loi rendue définitive.
4 mars 2024
Inscription de l'IVG dans la Constitution.
Simone Veil à la tribune, 26 novembre 1974 (extrait)

« Je le dis avec toute ma conviction : l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue. »

Simone Veil, discours à l'Assemblée nationale, 26 novembre 1974.

Assemblée nationale, discours du 26 novembre 1974.

Repères examen
  • Loi Veil 17 janvier 1975 (dépénalisation de l'avortement) ; loi Neuwirth 1967 (contraception)
  • Prolongement contemporain : IVG constitutionnalisée par le Congrès le 4 mars 2024 (loi constitutionnelle promulguée le 8 mars) ; PMA pour toutes (2021) ; GPA interdite

Salle XXIV · 1981

Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue.

Robert Badinter, Assemblée nationale, 17 septembre 1981

Robert Badinter à l'Assemblée, 17 septembre 1981 (extrait)

« Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. »

Robert Badinter, Assemblée nationale, 17 septembre 1981.

Assemblée nationale, discours du 17 septembre 1981 (CR intégral AN).

Journal officiel de la République française, Lois et décrets, 10 octobre 1981Domaine public, source

L'abolition de la peine de mort

Garde des Sceaux du gouvernement Mauroy, Robert Badinter défend devant le Parlement l'abolition de la peine capitale.

« J'ai l'honneur, au nom du gouvernement de la République, de demander à l'Assemblée nationale l'abolition de la peine de mort en France. » Adoptée par 363 voix contre 117, la loi du 9 octobre 1981 met fin à plus de mille ans de peine capitale.

En 2007, l'abolition est inscrite à l'article 66-1 de la Constitution : « Nul ne peut être condamné à la peine de mort. » Elle est devenue irréversible.

17 sept. 1981
Discours de Robert Badinter à l'Assemblée.
9 oct. 1981
Promulgation de la loi d'abolition.
23 fév. 2007
Inscription dans la Constitution (art. 66-1).

Archives à explorer

2 documents
Le discours de Robert Badinter

Archive vidéo du discours sur l'abolition de la peine de mort, intégrée sans cookies tiers.

Vie-publique / YouTube no-cookie
Repères examen
  • 1981 : Robert Badinter, ministre de la Justice de François Mitterrand
  • Pilier des valeurs républicaines et de la dignité humaine

Sources

Salle XXV · dernière salle, 2013

Le mariage pour tous

Une loi de la République étend le mariage civil aux couples de même sexe — le dernier jalon du parcours, et le troisième d'un arc ouvert en 1975.

17 mai 2013

Le 17 mai 2013, une loi permettant aux couples homosexuels de se marier et d'adopter des enfants est votée. Elle est soutenue par Christiane Taubira, ministre de la Justice, sous la présidence de François Hollande.

La France devient le 14e pays du monde à autoriser le mariage homosexuel. Le premier mariage homosexuel en France est célébré à la mairie de Montpellier le 29 mai 2013.

Le premier mariage, célébré à Montpellier le 29 mai 2013, filmé par les actualités. Ils se sont dit « oui » — l'archive INA.

Seul le mariage civil célébré en mairie est reconnu par la loi ; il est ouvert aux couples de même sexe depuis le 17 mai 2013. Vivre en France : le mariage →

1975, 1981, 2013 : trois lois, trois extensions successives des droits de la personne. L'arc se referme ici — la Traversée aussi.

17 mai 2013
Loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe.
2013
La France, 14e pays du monde à autoriser le mariage homosexuel.
29 mai 2013
Premier mariage célébré à la mairie de Montpellier.
Repères examen
  • Loi du 17 mai 2013 (Christiane Taubira, présidence Hollande)
  • 14e pays au monde ; premier mariage à Montpellier le 29 mai 2013

Sources

− 18 000

Le feu, déjà tenu à la main.

Lascaux

XVIIIᵉ

Le siècle des Lumières.

philosophies de la lumière

18 JUIN 1940

« La flamme de la résistance ne s'éteindra pas. »

l'Appel du général de Gaulle

1923

Le Soldat inconnu.

sa flamme ravivée chaque soir, sous l'Arc de Triomphe

2024

La flamme olympique, jusqu'à Paris.

les Jeux de la XXXIIIᵉ Olympiade

ILS ONT CHOISI LA FRANCE

  • MARIE CURIE 1895
    physicienne et chimiste, deux prix Nobel
  • GUILLAUME APOLLINAIRE 1916
    poète
  • ROMAIN GARY 1935
    écrivain, prix Goncourt
  • MARC CHAGALL 1937
    peintre
  • JOSÉPHINE BAKER 1937
    artiste et résistante
  • VASSILY KANDINSKY 1939
    peintre, pionnier de l'abstraction
  • GEORGES CHARPAK 1946
    physicien, prix Nobel
  • CONSTANTIN BRÂNCUȘI 1952
    sculpteur
  • HECTOR BIANCIOTTI 1981
    écrivain, Académie française
  • MILAN KUNDERA 1981
    écrivain
  • ANDREÏ MAKINE 1996
    écrivain, prix Goncourt
  • ATIQ RAHIMI 1996
    écrivain et cinéaste, prix Goncourt
  • NGÔ BẢO CHÂU 2010
    mathématicien, médaille Fields

De Lascaux aux Jeux de Paris, c'est le même geste : tenir une lumière, créer avec, la transmettre — par le travail, les œuvres, et la manière dont on élève ses enfants.

Gravez votre nom

 

Votre nom rejoindra le mur des porteurs, visible de tous. Un pseudo convient.